Coussinets : une interface sensorielle à protéger
Ce matin, en me promenant avec Éléonore dans les rues d’Annecy, j’ai croisé plusieurs cyclistes accompagnés de leurs chiens, trottinant sur le bitume, parfois à vive allure.
Une image qui peut sembler banale… mais qui soulève une vraie question d’éthique animale, surtout en période estivale.
Contrairement à une idée reçue, les chiens ressentent la douleur de manière comparable à la nôtre. Leur système nerveux périphérique et central est sensible aux stimuli thermiques, mécaniques et chimiques, y compris au niveau des extrémités.
Les coussinets des chiens sont des tissus kératinisés, riches en glandes sudoripares, en fibres nerveuses et en capillaires. Ils jouent un rôle crucial dans l’amortissement, la régulation thermique et la perception tactile fine du sol.
Bien que résistants, les coussinets sont hautement innervés. Ils permettent au chien de détecter les variations de texture, de température et de pression.
Ils sont donc loin d’être insensibles : un sol brûlant peut induire des lésions douloureuses, voire des brûlures au second degré.
Dès que la température ambiante dépasse 25 °C, le bitume peut atteindre 50 à 60 °C en surface. À partir de 52 °C, des brûlures cutanées peuvent survenir après seulement 60 secondes de contact.
Ces températures sont fréquemment atteintes en pleine journée, même par temps nuageux.
Le chien peut continuer à trotter malgré l’inconfort, voire la douleur, par loyauté ou excitation. L’absence de plainte explicite ne signifie donc pas absence de souffrance.
C’est pourquoi il est nécessaire d’anticiper et de protéger.
- Évitez les promenades entre 11h et 17h ;
- Touchez le sol avec votre main ou votre pied nu : si c’est trop chaud pour vous, c’est trop chaud pour lui ;
- Privilégiez les surfaces ombragées ou herbeuses ;
- Si nécessaire, équipez votre chien de bottines adaptées, après un apprentissage progressif.
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