Croquettes, BARF, ration ménagère…
Et s’il n’y avait pas d’alimentation parfaite
L’alimentation du chien et du chat : quels choix ?
Lorsqu’on aborde la question de l’alimentation de nos compagnons, les discussions peuvent rapidement devenir passionnées !
Entre les défenseurs des croquettes, ceux des rations ménagères ou encore les adeptes du BARF, chacun pense souvent détenir la meilleure solution.
Pourtant, la réalité est plus nuancée : il n’existe pas une alimentation idéale qui conviendrait à tous les animaux.
On peut dire qu’une alimentation équilibrée doit assurer un apport énergétique adapté, un niveau suffisant de protéines digestes et d’acides gras essentiels et un équilibre correct en minéraux, en vitamines et oligo-éléments.
Mais chaque individu est différent et ses besoins vont évoluer au cours de sa vie. L’âge, la race, l’activité physique, l’état de santé, le mode de vie ou encore la sensibilité digestive sont autant de paramètres qui influencent les besoins nutritionnels.
La bonne alimentation est donc celle qui convient à l’animal considéré et qui répond à ses besoins physiologiques.
Les types d’aliments :
- LES RATIONS MENAGERES
- L’ALIMENTATION INDUSTRIELLE
1. LES RATIONS MENAGERES
La ration ménagère consiste à élaborer soi-même l’alimentation à partir d’ingrédients frais (viande, légumes, féculents, huiles…), préparés à la maison. Elle peut être cuite ou crue.
- La ration ménagère classique : généralement composée de viande ou poisson, de légumes, de féculents (riz, pâtes…) et de compléments minéraux et vitaminiques.
- Le BARF (Biologically Appropriate Raw Food), qui repose sur une alimentation crue à base principalement de viande, d’os charnus, d’abats mais auquel on doit ajouter en proportions adaptées, des légumes, des matières grasses et d’autres compléments afin de couvrir les besoins de l’animal.
- Le propriétaire à la maîtrise de la qualité et de l’origine des ingrédients
- Alimentation en général bien appétente
- Un aspect plus naturel qui correspond aux convictions de certains propriétaires
- La préparation alimentaire traduit chez certains propriétaires une volonté de bien faire, le fait maison étant souvent perçu comme synonyme de meilleure alimentation.
Les inconvénients et risques
- Le risque de déséquilibre alimentaire si la ration est mal formulée (carences en vitamines, oligo-éléments…) il est donc nécessaire de se faire accompagner par un vétérinaire formé en nutrition animale afin de construire une ration équilibrée, surtout chez des animaux à besoins spécifiques (sport, reproduction, pathologie…)
- Le budget temps plus important (cuisson, temps de décongélation, temps de préparation)
- Le stockage et la gestion des denrées périssables
- Vigilance particulière en matière d’hygiène et gestion du risque microbiologique (bactéries, parasites) si l’alimentation et son stockage est mal géré.
- Ces aliments doivent être retirés s’ils ne sont pas consommés dans les 15 minutes, ce qui est incompatible avec le comportement de grignotage du chat.
2. L’ALIMENTATION INDUSTRIELLE
Cette alimentation existe sous deux formes : les aliments secs (croquettes) et les aliments humides (boites, barquettes et sachets).
Elle comporte de nombreuses gammes qui permettent de s’adapté à l’individu (aliments physiologiques ou pathologiques). Les aliments industriels sont formulés pour couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels des chiens et des chats.
- Formulée pour répondre aux besoins nutritionnels.
- La composition stable
- La conservation et l’utilisation sont faciles
- La possibilité de choisir des aliments adaptés à l’âge, à la taille ou à certaines pathologies
Les inconvénients
- Qualité très variable selon les gammes/marques (tant pour la recette/formule que pour les matières premières)
- Les informations fournies sur l’étiquetage ne sont toujours claires ! Compliquées à comprendre et à analyser pour les propriétaires.
- L’impact fort du marketing (choix raisonné ou guidé ? allégation trompeuse ou mensongère…)
- Niveau de transformation industrielle élevé.
Chacun ses priorités
Au-delà des considérations strictement nutritionnelles, le choix du mode d’alimentation dépend également du propriétaire, de ses contraintes et de ses convictions personnelles.
- Considérations écologiques
- Contraintes économiques
- Temps disponible pour la préparation
- Facilité d’utilisation
- Convictions personnelles concernant la naturalité de l’alimentation,
- Plaisir de nourrir : pour certains propriétaires, bien s’occuper de leur animal implique de lui préparer ses repas.
- Recherche de traçabilité des ingrédients
Ces paramètres participent légitimement à la décision.
- La limitation de l’impact écologique
- L’aspect financier
- Le côté pratique
- L’origine des ingrédients ou leur qualité
Certains propriétaires auront aussi des contraintes « techniques » ( comme le fait de se déplacer souvent avec son animal) .
Ces préoccupations sont légitimes, et chacun est libre de ses choix et de ses priorités. Cependant, l’élément central doit toujours rester la recherche de l’équilibre nutritionnel.
L’importance de l’équilibre alimentaire :
Quel que soit le mode d’alimentation choisi — industriel, ration ménagère ou alimentation crue — le facteur déterminant reste l’équilibre nutritionnel.
La réglementation rappelle d’ailleurs certaines obligations. Si un propriétaire a le devoir d’alimenter quotidiennement son animal, pour les professionnels, la réglementation entrée en vigueur en 2025 précise qu’ils doivent fournir à leurs animaux avec « une nourriture correspondant à leurs besoins physiologiques, saine et équilibrée, en quantité et en qualité ».
Cela signifie que l’objectif n’est pas seulement de nourrir l’animal, mais d’apporter à l’animal l’ensemble des nutriments dont il a besoin, dans des proportions adaptées à son espèce, son âge, son poids, son niveau d’activité et son état de santé.
Il est donc important de privilégier une alimentation de qualité et d’observer la manière dont l’animal réagit : maintien d’un poids optimal, état du pelage, santé digestive, vitalité, etc.
Un déséquilibre nutritionnel prolongé peut entraîner des conséquences , par exemple sur la croissance, la reproduction, le métabolisme osseux, la fonction immunitaire, la santé cutanée ou digestive.
Le rôle du vétérinaire
- Vérifier l’équilibre d’un régime alimentaire,
- Adapter l’alimentation en cas de maladie ou de besoins particuliers.
Pour l’élaboration de ration alimentaire, il sera préférable de consulter un vétérinaire spécialiste de la nutrition.
Conclusion
Il n’existe donc pas de solution universelle qui conviendrai pour tous les chiens et tous les chats. Une bonne alimentation est avant tout celle qui convient à l’individu, qui couvre ses besoins nutritionnels et qui lui permet de rester en bonne santé.
- Viser l’équilibre alimentaire
- Observer son animal : poids, digestion (qualité des déjections, émission de gaz) , qualité du pelage, énergie/vitalité
- Adapter son alimentation quand c’est nécessaire
Car au-delà des débats et des convictions, ce sont toujours l’état général et la santé de l’animal qui doivent guider nos choix.
Par Mélodie Pichoir