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Attachement et anxiété de séparation
Peut-on vraiment aimer “trop” son chien ?

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Attachement et anxiété de séparation
Peut-on vraiment aimer « trop » son chien ?

Attachement et anxiété de séparation, lien de causalité ?

« Il est trop attaché à vous. » Cette remarque est souvent adressée aux propriétaires dont le chien supporte mal les absences. Elle sous-entend qu’une relation très proche serait à l’origine des difficultés du chien. Pourtant, les connaissances actuelles ne permettent pas de tirer une telle conclusion.

En éthologie comme en psychologie, l’attachement désigne un lien affectif qui procure un sentiment de sécurité. Chez le chien, de nombreuses études montrent que l’humain joue le rôle de « base de sécurité » : sa présence favorise l’exploration, aide à faire face au stress et apporte un équilibre émotionnel. Un chien très attaché à son humain présente donc un comportement normal, et non un trouble.

C’est là qu’une confusion apparaît fréquemment. Un chien peut aimer être près de son humain, rechercher le contact, le suivre dans la maison et manifester une grande joie lors des retrouvailles, tout en restant parfaitement capable de rester seul sans détresse. À l’inverse, un chien souffrant d’anxiété de séparation ne souffre pas parce qu’il aime « trop » son humain, mais parce que son absence déclenche un véritable état émotionnel négatif.

Attribuer ces difficultés à un excès d’affection revient à négliger la complexité du phénomène. Le développement de l’anxiété de séparation est aujourd’hui considéré comme multifactoriel.

Le tempérament du chien, ses expériences précoces, son histoire de vie, les conditions d’adoption, les apprentissages réalisés, les changements de routine ou encore certaines expériences stressantes peuvent tous contribuer à son apparition.
  • Le tempérament du chien ;
  • Ses expériences précoces ;
  • Son histoire de vie ;
  • Les conditions d’adoption ;
  • Les apprentissages réalisés ;
  • Les changements de routine ;
  • Certaines expériences stressantes.

Aucun de ces facteurs, pris isolément, ne suffit à expliquer toutes les situations.

L’exemple du télétravail illustre bien cette complexité. Après les confinements, davantage de chiens ont présenté des difficultés lors des absences de leurs propriétaires. Il serait pourtant réducteur d’y voir la conséquence d’un « excès d’attachement ». Beaucoup de chiens avaient simplement eu peu d’occasions d’apprendre que les départs étaient temporaires et sans conséquence. Ce n’est pas le lien affectif qui pose problème, mais parfois le manque d’expériences permettant d’acquérir cette compétence.

Les connaissances scientifiques actuelles ne montrent pas qu’aimer beaucoup son chien, répondre à ses besoins ou apprécier passer du temps avec lui favorise l’hyperattachement. Au contraire, une relation sécurisante constitue souvent une base solide sur laquelle le chien peut développer son autonomie.

L’enjeu n’est donc pas d’aimer son chien « moins », mais de lui permettre d’acquérir progressivement de la confiance dans différentes situations : apprendre à rester seul par étapes, vivre des expériences positives avec d’autres personnes, découvrir de nouveaux environnements ou développer des stratégies d’adaptation. L’autonomie ne se construit pas contre l’attachement, mais à partir d’un attachement sécurisant.

En définitive, il est probablement plus juste de cesser d’opposer proximité affective et autonomie. Aimer profondément son chien ne le rend pas dépendant. Réduire les difficultés liées aux séparations à un simple « excès d’amour » revient à ignorer la diversité des facteurs qui façonnent le comportement canin et risque surtout de culpabiliser inutilement les propriétaires.

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